La myopie, une maladie?

La myopie n’est pas une maladie mais un trouble de la vision très répandu qui se caractérise par une vision nette de près mais une vision floue de loin.

Un œil myope est généralement un œil trop long, c’est-à-dire que la distance entre la cornée et la rétine est trop importante. C’est pourquoi la personne myope voit mal de loin, car l’image se forme en avant de la rétine mais voit bien de près. Plus sa myopie est forte, plus la distance de vision nette est rapprochée.

La myopie apparaît généralement dans l'enfance ou au début de l'adolescence pour se stabiliser vers 25 ans même si certaines myopies fortes, appelées myopies «maladies», s’aggravent tout au long de la vie.

En ophtalmologie, le degré de myopie est indiqué en dioptrie. Par convention, le degré de myopie est décrit avec un signe «moins», allant par exemple de -1 à -3 pour les myopies faibles (environ un tiers des myopes), de -3 à -6 pour les myopies moyennes (environ deux tiers des myopes) et supérieure à -6 pour les myopies fortes (5% des myopes).

Ces myopies dites évolutives, heureusement rares, peuvent atteindre -30 dioptries.

Symptômes

La détection de la myopie est relativement aisée puisque son principal symptôme est la baisse de l’acuité visuelle de loin sans possibilité d’auto-compenser cette vision floue. Distinguer des formes au loin, lire à distance ou regarder la télévision ne sont plus possibles et impliquent la nécessité de se rapprocher pour voir plus net.

Le terme «distance» peut représenter déjà quelques centimètres pour les myopies les plus importantes. En revanche, en vision rapprochée, le myope voit parfaitement bien pour lire et écrire. Un signe révélateur ne trompe pas: le plissement des yeux qui permet de réduire le diamètre du faisceau de rayons lumineux entrant dans l’œil et par conséquent le flou sur la rétine.

Cet effet sténopéique explique d’ailleurs pourquoi les myopes voient moins bien le soir, l’obscurité provoquant une augmentation du diamètre de la pupille. Des maux de tête sont parfois également rapportés.

Causes et personnes à risque

Jusqu’à récemment, la principale raison avancée pour le développement de la myopie était le facteur génétique. Les enfants dont un parent ou les deux parents sont myopes ont en effet plus de risque que les autres d’être myopes à leur tour.

Les personnes d’origine caucasienne et asiatique seraient également plus touchées tandis que celles d’origine africaine en seraient plus préservées. Aujourd’hui, des facteurs sociaux et environnementaux sont également pointés du doigt.

Le mal du siècle? 

Au vu du nombre de porteurs de lunettes et de lentilles, force est de constater que sa prévalence ne cesse d’augmenter. Selon une étude parue dans «Archives of Ophtalmology», le taux de myopie est d’environ une personne sur trois en Europe, soit 40% des 12-54 ans, contre 20% dans les années 1970. Aux Etats-Unis, la progression est identique, passant de 25% au début des années 1970 à 41,6% au début de l’an 2000. 

La hausse inquiétante du nombre d’enfants touchés par les problèmes de vue a mené à des études plus poussées pour en déterminer les causes et en endiguer la prolifération.

Etudiant les enfants asiatiques des zones urbaines des pays industrialisés d’Asie chez qui la proportion de myopes atteint un taux de 80 à 90% chez les jeunes en fin de secondaire, de nombreuses études ont désormais révélé qu’une des causes de ce problème est plus sociale, voire environnementale, que génétique comme le mentionne le magazine anglais «The Economist».

Les enfants passeraient trop de temps devant les écrans des smartphones et autres tablettes et ne seraient pas assez souvent à l’extérieur. Or, l’exposition à la lumière du jour aide la rétine à libérer une substance qui ralentit l’augmentation de la longueur axiale de l’œil, laquelle provoque souvent la myopie.

Evolutions et complications

Dans la plupart des cas, une myopie bien corrigée ne pose pas de problème dans la vie quotidienne.

Mais lorsque la myopie est forte, elle est associée à un risque accru de développer des maladies oculaires graves telles que le décollement de la rétine qui peut entraîner une cécité, le glaucome qui est la détérioration du nerf optique, la cataracte qui constitue l’opacification du cristallin, voire l’hémorragie de la macula qui est la zone centrale de la rétine.