Frédéric Beausoleil, comment êtes-vous devenu artiste lunetier?

Quand j’étais jeune, aux alentours de 17-18 ans, j’aurais aimé faire une école d’art et me lancer dans une carrière artistique.

Mais mes parents ne l’envisageaient pas ainsi. Pour eux, la réussite s’envisageait surtout d’un point de vue économique. Ils m’ont donc poussé à faire des études d’optique à l’Ecole technique d’optique de Morez dans le Jura français.

Ma passion étant la sculpture, j’ai été me présenter à un vieil artisan lunetier parisien qui fabriquait encore à la main des lunettes en utilisant les matériaux les plus nobles qui soient comme la fleur de coton, la corne de buffle ou l’écaille de tortue.

Son travail était la jonction parfaite entre le métier d’opticien et de sculpteur. Après avoir été son apprenti pendant dix mois, j’ai racheté son petit atelier et j’ai lancé ma première collection de lunettes.

Vos créations ont très rapidement connu un succès planétaire d’Osaka à New York en passant par Sydney et l’Europe. De nombreuses stars telles que Madonna et Ray Charles ont plébiscité vos modèles.

J’ai présenté mes collections à différents salons internationaux et cela m’a permis de rencontrer un certain succès qui a très vite dépassé ma capacité de production.

J’ai ainsi créé une petite usine à Nantes, MB Production, pour répondre à la demande. J’ai aussi développé de nombreuses collaborations avec des chaînes d’optique et de grands groupes de luxe.

La crise financière de 2008 vous a poussé à revenir sur les fondamentaux qui vous sont les plus chers.

Absolument. C’est à cette époque que j’ai rencontré Daniel et Jonathan Abittan avec lesquels je me suis lancé dans une formidable aventure pour une toute nouvelle chaîne d’optique.

Je m’y éclate et me félicite tous les jours d’être le directeur artistique et de créer des lunettes uniques. Après avoir travaillé dans le luxe qui exclut 90% de la population, je souhaite aujourd’hui apporter le meilleur à une plus grande partie de la population.

Et qu’est-ce que le meilleur pour vous?

En tant que créateur, il s’agit de savoir communiquer sa passion avec sincérité. Sans qu’aucune marque ne soit représentée, le meilleur est pour moi de pouvoir présenter une offre dont la diversité s’exprime au travers de la noblesse de matériaux biocompatibles tels que la fleur de coton, la corne de buffle, le bois, le titane, la pierre ou encore le bambou.

Et tout cela à des prix très doux et avec un service client attentionné. Les gens peuvent ainsi se permettre d’acquérir une à deux paires de lunettes par an contrairement à la moyenne d’une paire tous les trois ans.

Comment envisagez-vous votre futur?

Continuer à créer avec mon équipe, pour proposer des montures uniques.