Les progrès dans les domaines de l’anesthésie, de l’hygiène et de la technique l’ont rendue plus sûre et ont permis l’évolution vers la chirurgie esthétique au siècle dernier. Aujourd’hui, elle est de plus en plus populaire, avec un nombre croissant d’opérations chaque année.

Il faut reconnaître que l’offre s’est adaptée à la demande et non pas l’inverse. L’importance de l’apparence (dictature?) dans les rapports humains, sociaux et professionnels, que les images de «beauté parfaite» imposent à notre inconscient par la publicité, est certainement un des éléments essentiels. L’estime de soi dans le regard d’autrui est également un enjeu.

Parfois l’image que l’on se fait de soi-même ne correspond pas à la perception qu’ont les autres de nous

Parfois l’image que l’on se fait de soi-même ne correspond pas à la perception qu’ont les autres de nous (dysmorphophobie).

Pour d’autres encore, la chirurgie esthétique permet de se sentir en phase avec soi-même et paraître physiquement ce que psychiquement on ressent, en atténuant les marques du temps.

Parfois, ce n’est pas retrouver une certaine jeunesse qui prime, mais gommer certaines disgrâces complexantes (par exemple un grand nez).

On comprend donc que la réussite d’une opération esthétique ne dépend pas que d’une technique meilleure qu’une autre ou d’un chirurgien plus habile qu’un autre. Il faut que l’indication soit bonne et c’est ce qui est le plus difficile à poser dans ce métier; et même après des années d’expérience, il peut arriver de douter pour un cas: faut-il opérer ou s’abstenir?

Car comment être toujours sûr que l’opération sera un succès pour le patient même si techniquement tout s’est bien déroulé et le résultat objectif très satisfaisant.

Il apparaît ainsi que le choix d’un chirurgien et la décision de passer à l’acte sont choses difficiles et nécessitent mûre réflexion, sans précipitation. Une deuxième consultation et un délai de réflexion sont dans la majorité des cas nécessaires.

La chirurgie esthétique, pour être pratiquée dans les règles de l’art avec l’expérience requise, nécessite donc une formation spécifique qui en Suisse fait l’objet d’un titre fédéral de chirurgie plastique, reconstructive et esthétique dont la formation postgraduée clinique dure entre 6 - 12 ans.

La chirurgie moderne de la beauté se doit d’être respectueuse des tissus et de l’identité de chacun. Il faut donc, pour terminer sous forme de boutade «une chirurgie respectueuse de l’environnement», donc écologique!