Composé d’un million et demi de fibres nerveuses, le nerf optique permet de conduire les informations visuelles de la rétine au cerveau où elles sont interprétées sous forme d’images. En cas de lésion du nerf optique, la transmission de l’influx nerveux est altérée, voire interrompue.
 

Bien des maladies peuvent en être la cause, mais l’une des plus courantes est le glaucome. Elle représente la deuxième cause de cécité visuelle dans le monde, nous informe l’éminent spécialiste.
 

Une maladie que l’on ne voit pas venir

Le glaucome se manifeste essentiellement au-delà de la quarantaine. Il affecte 2% de la population mondiale. Avant 40 ans, il est très rare, mais au-delà de cet âge, le risque augmente chaque année de manière exponentielle.

L’évolution de cette maladie dégénérative est si lente que la personne atteinte ne se rend pas compte qu’elle est en train de perdre la vue, souligne le Dr Mermoud.

Lorsqu’elle prend enfin conscience d’une altération de son champ visuel, il est déjà trop tard. Un dépistage précoce aurait permis de lui sauver la vue.

Problème de pression

L’intérieur de l’œil est composé d’un liquide intra-oculaire sous pression. En temps normal, cette pression est comprise entre 10 et 20 mmHg (millimètres de mercure). Sa stabilité est assurée par un équilibre entre une voie d’entrée et un orifice de drainage situé dans la région antérieure de l’œil.

M. Mermoud nous montre une photo de l’anatomie de l’œil et nous explique qu’avec le temps, ce canal est susceptible de s’obstruer, notamment par la présence de petits dépôts solides.

Dans la plupart des cas, précise-t-il, il s’agit d’un rétrécissement du canal par vieillissement prématuré de la membrane trabéculaire.

Lorsque le drainage n’est plus assuré de manière efficiente, la pression augmente à l’intérieur de l’œil avec pour conséquence une compression du nerf optique. Cela entraîne la destruction lente et progressive des cellules nerveuses qui le composent. Ce type de glaucome est le plus courant. Il en existe d’autres formes, comme le glaucome aigu lorsque l’on assiste à une brusque montée en pression du liquide intra-oculaire.

Il s’agit là d’un cas d’extrême urgence car la personne touchée peut perdre la vue en quelques heures. Les autres causes du glaucome peuvent être d’origine congénitale, anatomique, médicamenteuse ou en lien avec une blessure à l’œil.

De la périphérie vers les centres

En temps normal, notre champ de vision est de 180°, mais lorsque le nerf optique commence à subir une altération inhérente au glaucome, on assiste, en tout premier lieu, à une perte de la vision périphérique.

La progression est variable selon l’intensité de la pression sur le nerf. A 25 mmHg, l’évolution est très lente; elle peut s’étaler sur plusieurs années et passer inaperçue. Avec une pression à 60 ou plus, on peut devenir aveugle en quelques semaines, voire en quelques heures.

Intelligence artificielle et diagnostic

Interpellés par les différents équipements des salles de soins, nous invitons le Dr Mermoud à nous parler du diagnostic et des traitements possibles. «En tout premier lieu, nous explique-t-il, nous mesurons la pression du liquide sur le globe oculaire.

Ensuite, nous procédons à un examen du fond de l’œil et du nerf optique. Notre centre est équipé, entre autres, d’un appareil ultrasophistiqué capable de fournir des photos de grande précision en 3D.

En dernier lieu, nous testons la vision périphérique en mesurant le champ visuel du patient. S’il est inférieur à 180°, cela confirme le diagnostic d’une atteinte des fibres nerveuses par glaucome.

A noter que sous peu l’intelligence artificielle sera capable d’interpréter les données recueillies et d’établir un diagnostic dont la fiabilité surpassera celle d’un examen classique. Selon nos estimations, elle pourrait atteindre 99% de véracité.»

Gouttes, laser ou chirurgie

«La nature du traitement dépend du type de glaucome et de son avancée, précise M. Mermoud. Pour un glaucome à évolution lente, nous commençons en général avec des collyres.

Ces derniers limitent la production de liquide intra-oculaire ou encore, agissent sur l’angle d’ouverture du canal d’évacuation.

Si ce type de traitement ne suffit pas, nous avons recours aux techniques laser ou à la microchirurgie. Elle consiste à créer un canal d’évacuation artificiel.»

Un examen de dix minutes peut sauver votre vue

Pour conclure, le Dr Mermoud revient sur l’importance du dépistage du glaucome. Il précise qu’à partir de 40 ans, toute personne devrait faire contrôler ses yeux chez un ophtalmologue une fois tous les trois ans. Seul un médecin spécialisé est en mesure de déceler la maladie et d’établir un diagnostic.

Dans la plupart des cas, un glaucome traité à temps permet de sauver la vue du patient.

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Centre d’ophtalmologie Montchoisi

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