A la fin de l’année passée, l’institut Promotion Santé Suisse a publié pour la deuxième fois un rapport détaillé concernant les données de poids et taille des enfants ainsi que des adolescents. Contrairement à d’autres pays européens, il en ressort que le nombre d’enfants en surpoids et obèses est stable depuis 2006, mais à un niveau relativement élevé. Selon le rapport, 17 % des enfants et adolescents sont en surpoids et près de 4 % sont obèses. Les jeunes de nationalité étrangère seraient cependant nettement plus concernés que les enfants de nationalité suisse dont 15 % sont en surpoids, contre 25 dans le premier cas. Ensuite, la problématique du surpoids semble toucher davantage les enfants et adolescents des grandes villes et des cantons urbains. Enfin, globalement, on constate que le surpoids est nettement plus fréquent chez les enfants dont les parents ont un niveau de formation peu élevé, et ce, qu’ils soient d’origine étrangère ou suisse. Ces enfants sont en règle générale entre deux et quatre fois plus concernés par le surpoids que les enfants dont les parents ont fait des études supérieures. Tous ces chiffres peuvent donc donner des indications permettant d’intensifier la prévention sur ces publics prioritaires. Cela dit, la stagnation du nombre de cas depuis le milieu des années 2000 tend à montrer l’efficacité des actions menées jusque-là et qui mériteraient, par conséquent, d’être poursuivies et élargies pour endiguer, peu à peu, le surpoids des enfants.

La TV qui donne faim

En France et dans d’autres pays développés, de nombreuses associations pointent la publicité télévisuelle de l’industrie agro-alimentaire comme étant l’une des causes du surpoids des enfants. Des efforts importants ont été faits et auraient, selon le gouvernement français, des conséquences très positives. C’est également une bonne nouvelle pour la Suisse, où les programmes télévisuels jeunesse français sont très suivis. Enfin, une piste intéressante apparaît dans les milieux pédiatriques. Une proportion non négligeable du surpoids chez l’enfant serait due à des situations d’ennui, des problèmes affectifs ou scolaires qui vont amener un enfant à rechercher dans la nourriture une compensation, pouvant entraîner un déséquilibre prolongé entre apports et dépenses. C’est donc de la santé entière, psychique et physique des enfants de notre siècle dont il est question. Le surpoids devrait alors être vu non seulement comme une conséquence extrêmement grave, mais également comme un signe extérieur de mal-être d’une génération.