Dans les pays développés une femme sur quatre présente un excès de poids. L’indice de masse corporelle (IMC) est souvent utilisé. En cas de grossesse le surpoids et l’obésité sont alors des facteurs de risque importants.

L’infertilité

Chez les femmes, un IMC supérieur à 30 kg/m2 peut avoir une influence sur la fertilité, comme le constate le Dr Daniel Wirthner, gynécologue, spécialiste en médecine de la reproduction à Lausanne, «les patientes présentant un excès de poids important ont deux fois moins de chances d’avoir un bébé spontanément. On observe, en effet, une nette corrélation entre l’excès de masse graisseuse, en particulier abdominal, et les troubles de l’ovulation. S’il y a indication pour une fécondation in vitro, cette dernière peut être envisagée mais seulement après une perte de poids, sinon il peut y avoir une résistance au traitement et les résultats sont moins bons». Si la grossesse devient possible, elle doit être surveillée de près.

Les dangers pour la mère

La grossesse d’une femme obèse présente plus de risques que celle d’une femme de poids normal, aussi bien pour la mère que pour le fœtus. Elle demande plus d’attention et de suivi de la part du médecin. «Le taux de glycémie devra faire l’objet d’une surveillance afin de dépister un éventuel diabète gestationnel». Des risques de complications vasculo-rénales (hypertension artérielle, éclampsie, hématome rétro placentaire, phlébite) ne sont pas à négliger non plus. Selon le Dr Daniel Wirthner, avoir une surveillance accrue des patientes est une condition sine qua non pour que la grossesse se termine bien.» Même si, statistiquement, le recours à la césarienne est plus fréquent chez les patientes en surpoids.

Les dangers pour l’enfant

Chez la femme obèse, le taux de fausses couches est multiplié par trois et des malformations fœtales peuvent survenir; le problème c’est qu’elles sont difficilement détectables car les images échographiques sont de moins bonne qualité. Le tissu graisseux qui enveloppe le ventre de la maman peut en effet, lors de l’échographie, empêcher de bien observer l’enfant. Mais le risque le plus courant pour le bébé à naître, c’est d’être lui-même en surpoids, c’est à dire peser plus de 4 kilos à la naissance, avec comme complications, plus de difficultés pour l’accouchement et l’adaptation à la vie néonatale.