E-santé, télémédecine… quelles différences?

Les néologismes alliant santé, médecine et nouvelles technologies sont de plus en plus nombreux. On retrouve ainsi souvent les mentions de télésanté, télémédecine, e-santé et m-santé.

Pour la plupart d’entre nous, l’e-santé évoque une santé «connectée» usant une application pour smartphone qui permet de suivre et de mesurer des performances individuelles, voire de les comparer à des groupes cibles.

Bien que cette vision soit correcte, l’e-santé touche un domaine beaucoup plus large comme en témoigne la définition donnée par la revue scientifique «Journal of Medical Internet Research»: «l’e-santé fait référence à des services et informations en matière de santé qui sont fournis ou améliorés grâce à Internet et aux technologies apparentées. Au sens large, le terme renvoie à l’évolution technologique afin d’améliorer les soins de santé aux niveaux local, régional et mondial».
 

Englobée dans le domaine général de l’e-santé, la télésanté regroupe quant à elle la télémédecine et la m-santé.
 

La télémédecine fait usage de tous les moyens de télécommunication numériques permettant un acte médical à distance par un professionnel de santé, que ce soit un médecin, une infirmière ou par la prescription de l’utilisation d’un dispositif médical à un patient qui rendra compte à son médecin.

Dans le monde, le nombre de patients en télémédecine devrait doubler en 2018 par rapport à l’année précédente et passer à 7 millions d’après Medgate, une application de télémédecine. En Suisse, la SASIS révélait qu’en 2017, 13% de la population était déjà couverte par un modèle Telmed.

Très proche mais pourtant différent, le domaine de la m-santé (pour mobile-santé) reprend tous les services de la santé et du bien-être via un smartphone ou une tablette mais n’implique pas toujours des dispositifs certifiés ni un professionnel de santé lors de son utilisation alors que c’est le cas pour la télémédecine.

Un opticien à domicile

Qui n’a pas déjà négligé le renouvellement d’une paire de lunettes faute de temps ou de possibilités pour se rendre chez l’opticien?

En effet, qu’il s’agisse d’une vie professionnelle bien chargée, d’une constellation familiale qui transforme les déplacements en ville en parcours du combattant, d’un handicap ou d’une mobilité réduite qui empêche toute visite à l’extérieur, nous sommes tous plus ou moins tentés de reporter notre visite chez l’opticien, qui est pourtant nécessaire et au cœur de notre santé et de notre bien-être.

Face à ce constat, certains opticiens dits «mobiles» ont franchi le pas et se sont équipés des différents matériels et appareils nécessaires aux contrôles périodiques, aux dépistages de l’acuité visuelle ainsi qu’aux examens de vue qui ne nécessitent pas d’intervention médicale.

En Suisse, cette offre est encore peu développée. La région lémanique ne compte ainsi pour le moment qu’un seul opticien mobile mais face aux longs délais d’attente pour obtenir un rendez-vous chez un ophtalmologue – il faut compter entre quatre et six mois pour voir un spécialiste, sauf en cas d’urgence – fort est à parier que ces prestations optiques à domicile suivront le même développement que celui de la télémédecine.

En pratique, le rendez-vous se prend par téléphone ou par email. Lors de la première prise de contact, l’opticien évalue les examens à effectuer et le matériel à apporter.

Si le patient n’a pas été faire de contrôles auprès d’un ophtalmologue depuis plus de trois ans ou si la consultation concerne un examen de la vue à réaliser auprès d’un jeune de moins de 18 ans, l’opticien conseillera de prendre un rendez-vous chez un ophtalmologue, n’étant pas lui-même habilité à poser les diagnostics adéquats.

Pour réaliser un examen non médical de la vue à domicile, les équipements que l’opticien mobile emmènent avec lui sont à la pointe de la technologie et se composent généralement d’un autoréfractomètre et d’un frontofocomètre et d’une mallette contenant tous les types de verres que ce soit pour la myopie, l’hypermétropie, la presbytie ou l’astigmatisme.

De nombreux accessoires optiques sont généralement aussi proposés ainsi qu’une palette pouvant contenir 300 montures différentes.

L’opticien peut également se rendre sur des lieux de loisirs tels que les stands de tir pour conseiller des lunettes, voire des jumelles adaptées à la distance et à la position du sportif.

Avantages et inconvénients

Face aux déplacements parfois fastidieux, souvent chronophages et les déserts médicaux, les avantages de la télémédecine et des déplacements à domicile d’opticiens sont évidents.

A cela s’ajoute incontestablement un avantage pécuniaire, car les prix des consultations sont revus à la baisse pour refléter l’absence de charges fixes du côté des prestataires sans sacrifier la qualité du service et du matériel fourni.

Du côté des inconvénients de la télémédecine, certains avancent la déshumanisation de la santé. Tel serait le cas s’il devenait impossible de voir son médecin.

La télémédecine et les prestations à domicile doivent être vues comme un complément à la médecine traditionnelle et non pas comme un substitut.