L’ennemi de l’audioprothésiste se nomme «l’appareil tiroir». Un terme qui définit la prothèse auditive vendue mais non portée par le client, ce pour différentes raisons. D’ailleurs, si des centres acoustiques romands ont décidé d’intégrer une psychologue dès leur création afin d’assurer une consultation conjointe et de mieux former leurs équipes, c’est précisément parce qu’ils se sont rendus compte que la dimension relationnelle était aussi importante que le travail spécialisé concernant l’appareillage. Première étape cruciale: l’acceptation de la perte auditive. S’agissant souvent d’une diminution des capacités liée à l’âge, il y a un processus de deuil qui ne peut pas se faire d’un jour à l’autre. Dans la situation où c’est un proche qui amène le client chez l’audioprothésiste, ce dernier devrait donc prendre soin de laisser le temps, ouvrir la discussion et proposer les essais nécessaires pour permettre à la personne d’expérimenter l’amélioration de son audition.

L’importance du suivi

Une fois que le client a formulé la demande d’utiliser un appareil, vient l’étape de la personnalisation, car il existe autant d’utilisations que d’oreilles. Ainsi, un passionné de musique n’aura pas les mêmes besoins que quelqu’un qui aura une vie sociale intense, une personne vivant seule ou un employé passant sa journée au téléphone. Pour que l’appareil soit perçu comme un ami et non comme un intrus, il doit être parfaitement ajusté au quotidien de celui qui le porte. Par la suite, des événements de la vie pourront modifier les besoins du client; il sera alors important que le professionnel s’en rende compte et propose une reprogrammation et une modification de l’appareil afin de permettre au client de continuer à en tirer la meilleure efficacité auditive et relationnelle.