Dr. Kaveh Samii
Médecin adjoint dans le service d’hématologie des HUG

Quelles personnes sont ­sujettes à des carences en fer?

Toute personne peut être sujette à une carence en fer, bien que certains groupes d’individus y soient plus susceptibles. Parmi ceux-ci se trouvent les personnes se nourrissant mal, que cette malnutrition soit due à la pauvreté ou à un régime alimentaire in­adapté. 

Les femmes jeunes y sont particulièrement exposées durant leurs cycles menstruels, à cause des grandes quantités de sang qu’elles sont amenées à perdre. Les femmes enceintes, dont les réserves en fer sont mises à contribution en raison des apports à l’enfant à naître, constituent également un groupe à risque. Avec la fréquence des grossesses, surtout si ces dernières sont rapprochées, les carences en fer de la mère auront tendance à augmenter, puisque ses réserves diminuent à chaque fois.

Les carences en fer peuvent d’autre part toucher des personnes atteintes de maladies occasionnant des saignements réguliers, tels que des ulcères ou autres pathologies digestives. Finalement, les personnes qui subissent des interventions chirurgicales pour l’obésité sont aussi un groupe à risque: lorsqu’une partie de l’estomac et du duodénum leur est ôtée, ceci réduit leur capacité d’absorption du fer.

 

Quels sont les symptômes d’une carence en fer? 

Les manifestations cliniques d’une carence en fer peuvent être très variables, le stade ultime d’une carence prolongée étant l’anémie. Il arrive cependant qu’une personne ait une carence en fer sans avoir pour autant une anémie.

Les symptômes habituels d’une carence en fer sont une fatigue prononcée, des troubles du sommeil, une baisse de la concentration, l’irritabilité, ou encore une susceptibilité augmentée aux infections.

Les manifestations cliniques d’une telle carence sont celles d’une peau sèche, ainsi que des cheveux qui deviennent cassants et tombent, comme les ongles qui se fendent ou se cassent trop facilement. 

 

Comment traite-t-on une ­carence en fer?

Dans un premier temps, il importe de trouver ses causes. Comme nous l’avons dit, ces dernières peuvent être liées à un problème de nutrition, à une capacité d’absorption insuffisante des intestins, à des pertes excessives de sang, ou encore à une augmentation des besoins en fer de l’organisme. 

Ensuite, l’attitude thérapeutique pour compenser la carence pourra être définie. Lorsqu’une correction spontanée s’annonce trop longue en adoptant une alimentation normale, des suppléments de fer devront être apportés à l’organisme. Un premier type de traitement peut se faire par voie orale, avec des gouttes, des sirops ou des comprimés; dans ce cas, la prescription dépendra des habitudes du médecin, de l’âge du patient (les gouttes sont préférées chez les petits enfants), et de sa tolérance aux diverses préparations du fer.

Un deuxième type de traitement, plus efficace et plus rapide, mais également plus coûteux, peut se faire par préparation intraveineuse (perfusion de fer).

Suivant la cause de la carence en fer, le traitement de substitution pourra être bref comme dans le cas d’une grossesse ou d’un ulcère par exemple; dans certains autres cas, il pourra durer à vie, si la carence est due à une opération telle que celles effectuées dans la chirurgie de l’obésité.

 

FAITS

Apport en fer

A poids égal, les aliments ­d’origine animale contiennent ­beau­-
coup plus de fer que ceux d’origine végétale. 

Dans l’ordre, ceux en contenant­ le plus sont le boudin rouge, la ­viande rouge, et le foie. Puis les ­viandes blanches et les poissons. 

Parmi les ingrédients ­végé­taux figurent notamment les lentilles,­ les poids chiches ou la levure. Les épinards, lorsqu’ils sont frais, cont­ien­nent en revanche très peu de fer; ils n’en contiennent quasiment pas lorsqu’ils proviennent de conserves. 

Sachant qu’il n’est pas ­possible d’apporter une ­quantité suffisante de fer en ne ­consommant qu’un seul type ­d’aliment (par ­exemple des lentilles), une ­personne végétarienne ­
devra ­davantage ­diversifier son alimen­tation. 

Même si la carence en fer n’est pas inéluctable, les ­personnes végétariennes y sont ­toutefois plus exposées. Leurs ­besoins peuvent toujours être ­complétés par des suppléments ­nutritifs si nécessaire.