Simon Regard
Médecin et ­samaritain pour ­l’Association ­genevoise des ­sections de ­samaritains

Sommes-nous ­suffisamment ­informés sur les gestes de ­premiers secours en cas ­d’accident cardiovasculaire et prêts à intervenir pour ce type d’urgence?

Non, je pense que les informations existent, mais ne sont peut-être pas toujours bien canalisées. Et les gens reconnaissent qu’ils ne se sentent pas prêts, malgré la caractéristique suisse d'imposer un cours de premiers secours pour obtenir le permis de conduire. Il convient d'inciter chacun à se former plus régulièrement aux gestes qui sauvent. 

 

Peut-on prévenir les affections cardiovasculaires?

Largement oui. Les facteurs de risque cardiovasculaire sont le diabète, le tabagisme, l'hypertension, l'hypercholestérolémie et l'obésité. On ajoute souvent le manque d'exercice physique. Agir sur ces facteurs, c'est prévenir un problème cardiaque. A l'aide de médicaments et surtout de modifications du ­comportement.

 

A partir de quel âge ce risque d’accident existe?

Il devient plus fréquent dans la tranche d’âge 45 – 60 ans et augmente encore chez les personnes plus âgées, c’est la première cause de mortalité en Suisse. Les femmes sont moins souvent victimes d'un problème cardiaque entre 35 et 64 ans. Après 64 ans, les risques s'équilibrent. 

 

Quels sont les symptômes avant-coureurs qui devraient nous pousser à consulter un médecin?

Malheureusement il y en a très peu, quand ça arrive c’est comme un coup de tonnerre dans un ciel bleu. Chez certains des douleurs apparaissent lors d’un stress important ou après un effort, il s’agit le plus souvent d’une angine de poitrine, cela signifie qu’un caillot est déjà présent et c’est un signe avant-coureur d’un infarctus possible.

 

Et quels sont les ­premiers signes d’un accident ­cardio­vasculaire?

Des douleurs dans la poitrine, comme un étau autour du cœur, une sensation d’oppression. Parfois les douleurs irradient dans un bras, ou dans la mâchoire.

 

Trouve-t-on des défibrillateurs dans tous les lieux publics?

Dans le monde anglo-saxon oui, ailleurs de plus en plus. On en trouve ici dans les aéroports, les gares et les centres commerciaux. 

 

Tout le monde peut les utiliser?

Oui, ils sont simples d’utilisation. Les défibrillateurs sont semi-automatiques, une voix nous explique la marche à suivre. Mais il est préférable d’avoir été formé au maniement avant.

 

Existe-t-il des idées reçues sur les accidents cardiovasculaires, des erreurs que l’on commet?

Celle de ne pas agir par crainte de conséquences médico-légales. Il faut oser sauver une vie. La loi protège le sauveteur. On a peur de casser les côtes de la victime par exemple, mais il n’y a pas de risque de finir en prison, tant que l’on voulait bien faire.