Dans un œil humain sain, la pression intraoculaire idéale se situe entre 12 et 18 mmHg. Cette pression est maintenue grâce à un liquide qui est produit en permanence: l’humeur aqueuse. Elle est évacuée au travers d’un tissu fibreux situé entre l’angle de l’iris et la cornée, appelé trabéculum, qui agit comme un filtre. On parle de glaucome quand la résistance du trabéculum devient plus importante, le liquide ne pouvant plus s’écouler correctement. Résultat: ce surplus de liquide augmente la pression intraoculaire, ce qui peut entraîner la destruction irréversible du nerf optique.

Implant révolutionnaire

Plusieurs méthodes existent pour faire baisser cette pression. Dans 70% des cas, des gouttes médicales suffisent. Mais dans les cas les plus graves, une intervention chirurgicale est nécessaire. L’une des méthodes est l’implantation d’un minuscule canal de drainage pour évacuer l’humeur aqueuse et donc diminuer la pression intraoculaire. Or, jusqu’à maintenant, le diamètre de ces tubes n’était pas réglable, ce qui ne permet pas de faire varier la pression du patient pour la garder dans des valeurs optimales. A l’Ecole polytechnique de Lausanne (EPFL), l’équipe du Professeur Nikolaos Stergiopulos a donc développé un système ingénieux pour résoudre ce problème de pression. Il s’agit d’un implant d’un demi-millimètre d’épaisseur qui fonctionne comme un petit robinet. Il permet de régler ainsi le débit du liquide transitant à l’intérieur de l’œil. L’implant est constitué d’un disque magnétique entouré d’un tube de silicone. En faisant tourner le disque, il est possible d’écraser le tube de manière plus ou moins forte, et de régler le flux du liquide.

Facilité d’utilisation

Ce système se règle à l’aide d’un dispositif de la taille d’un stylo qui intègre une mini-boussole et un aimant. Il suffit aux médecins de l’approcher de l’implant pour faire tourner le disque et modifier le flux de l’humeur aqueuse. Il est donc possible de régler l’implant et modifier la pression au fil des jours. Ce nouveau dispositif permettrait de réduire les complications post-opératoires dues à un mauvais contrôle de la pression intraoculaire et d’augmenter le succès chirurgical. Les premiers essais cliniques vont bientôt débuter. S’ils sont concluants, la commercialisation de cet implant pourrait débuter dans les prochains mois.