Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) la réadaptation cardiaque est définie comme l’ensemble des moyens médicaux, physiques, psychologiques et sociaux qui permettent à un patient cardiaque de réintégrer, dans la mesure des possibilités, une place «normale» dans la société et d’améliorer sa qualité de vie.

Existant depuis plusieurs dizaines années, l’évolution de la réadaptation cardio-vasculaire a permis d’améliorer la prise en charge du patient dans les différentes phases rééducatives. Pour répondre, deux intervenants dans ce domaine auprès de la Clinique Bois-Cerf à Lausanne, nous exposent les enjeux de cette activité.

Selon M. Karim Laali, physiothérapeute référent en réadaptation cardio-vasculaire, les objectifs de la réadaptation sont précis, il s’agit de permettre au patient de mieux connaître sa pathologie par un changement de mode de vie. De ce fait, par cette modification il pourra lutter efficacement contre les facteurs de risques cardiovasculaires; mais on doit aussi lui donner le goût de pratiquer une activité physique régulière. Il s’agit de rendre au malade ses capacités antérieures et d’améliorer ses conditions physiques et mentales de façon à lui permettre d’occuper, par ses propres moyens, une place aussi normale que possible dans la société.

Un programme contraignant

Cheffe du Centre Actif, Madame Evelyne Janz explique les trois étapes en réadaptation. La réadaptation cardio-vasculaire comporte en fait trois phases distinctes. La phase I débute dès l’hospitalisation, il s’agit de l’étape postopératoire à l’hôpital ou en clinique. En ce qui concerne la phase II, deux options sont à choix: soit de manière ambulatoire, soit de manière stationnaire. Dans notre centre, nous proposons une prise en charge ambulatoire, uniquement, soit 8 semaines à raison de 36 heures d’activités physiques réparties entre aquagym, entraînement sur appareils et activités en salle de gymnastique avec deux niveaux de difficulté; ainsi qu’un programme de relaxation. Le patient débute sa prise en charge par un entretien d’une heure avec le cardiothérapeute; puis, tout au long du programme, il participe en groupe, à sept heures d’enseignement données par des médecins et thérapeutes ainsi qu’à trois modules interactifs d’une heure, avec une diététicienne. Pour la seconde option, stationnaire, il s’agit d’un programme établi sur quatre semaines en clinique. Quelle que soit l’option choisie durant cette période, les patients apprennent à connaître leurs limites et les moyens de maîtriser leur maladie.

Objectif: une qualité de vie

Il y a aussi une troisième étape de réadaptation cardio-vasculaire ou maintenance, où les membres du groupe se soutiennent et se motivent mutuellement. Ils veillent à maintenir un comportement adéquat pour une meilleure hygiène de vie afin d’améliorer leur condition physique et de pouvoir suivre une activité quotidienne aussi normale que possible; et retrouver ainsi leurs capacités antérieures.

M. Laali est convaincu: nous constatons une amélioration significative de la condition physique après le test de fin de réadaptation pour chaque personne, quel que soit le niveau.

Comme exemple, nous avons une réduction du risque d’un nouvel évènement cardiaque, une amélioration de la tension artérielle et, d’une manière générale, une diminution des facteurs de risques cardio-vasculaires.

De par sa longueur, ce programme peut être parfois contraignant pour les patients. Selon Mme Janz, les avantages sont incontestables puisqu’ a priori les patients se sentent en général mieux. Selon les expériences, une réadaptation ambulatoire permet au patient de retrouver progressivement une activité quotidienne personnelle et professionnelle; en d’autres termes, un retour plus rapide à la vie active.

 

FAITS

Suivi et surveillance après une opération cardiaque, un infarctus du myocarde ou une insuffisance ­cardiaque.

Reprise contrôlée des activités physiques et suivi cardiologique.

Retour à l’autonomie en ­améliorant sa condition ­physique et possibilité de suivre une ­activité ­quotidienne personnelle et ­profes­sionnelle; récupération de
ses ­capacités antérieures.

Prévention ayant pour ­objectif d’éviter d’autres altérations patho­logiques cardiaques.