C’est un petit terrain de football gonflable déposé sur une vraie pelouse. Des cages, deux gardiens de but et une barrière le long de la touche. Au centre, huit joueurs les yeux bandés courent derrière une balle équipée de clochettes.

«C’est très important que les non-voyants pratiquent un sport aussi populaire que le foot, c’est un signe d’intégration très fort!»

Dans un silence absolu, ils tentent de marquer guidés par le son du ballon. Tous sont malvoyants et découvrent les joies d’un sport jusqu’ici inconnu. «Sans voir, ils peuvent jouer comme tout le monde!» se félicite Mathieu Chapuis, président de l’association ASAP qui introduit le cécifoot en Suisse. 

S’il s’est lancé dans l’aventure, c’est grâce à un ami aveugle et à un douloureux constat: en sport la cécité reste trop souvent sur la touche! «Il y a une vraie frustration car ce handicap réduit beaucoup les possibilités de pratiquer une activité.

A part le ski, il y a très peu de structures adaptées en Suisse» regrette-t-il. Alors Mathieu Chapuis décide de récolter des dons. Une importante somme versée par la Loterie Romande lui permet d’investir dans des infrastructures et toute une logistique.

Aujourd’hui, l’équipe d’une dizaine de joueurs s’entraîne toutes les semaines à Neuchâtel. «C’est très important que les non-voyants pratiquent un sport aussi populaire que le foot, c’est un signe d’intégration très fort!». 

Mathieu espère d’autres dons pour étoffer la petite structure et surtout pour accueillir plus de joueurs. Il rêve déjà d’envoyer la première délégation suisse aux Jeux paralympiques de 2024.