Après la révolution du laser...

...il y a presque trente ans déjà, la médecine de la vision vit actuellement des progrès considérables, que ce soit au niveau de la chirurgie, toujours plus sûre et plus précise, ou dans le développement de thérapies inédites qui apportent enfin des solutions à des maladies que personne jusqu’ici n’aurait imaginé pouvoir soigner.

L’œil est un organe minuscule, complexe, fragile. Aujourd’hui, nous travaillons à miniaturiser nos instruments, car plus ils sont petits, moins les traumatismes de l’intervention sont importants. Nous mettons aussi au point de nouveaux instruments intelligents qui «avertissent» le chirurgien lorsque la traction qu’il exerce sur les tissus est trop forte.

L’imagerie est l’un des piliers du travail d’investigation des maladies de l’œil. L’évolution de la technologie a permis de faire des bonds gigantesques dans le diagnostic. Il est maintenant possible de photographier des cellules de la rétine de quelques microns avec une précision folle.

Photographier une cellule à cette échelle, c’est comme s’élancer depuis la stratosphère à 30 000 mètres d’altitude en parachute… pour atterrir sur un mouchoir!

Des études comparent...

...l’évolution des maladies et analysent des milliers de données et d’images de patients pour améliorer sans cesse leur traitement et comprendre les mécanismes de la vision.

Notre projet de réseau d’imagerie ophtalmologique mêlant big data et intelligence artificielle vient d’ailleurs d’être sélectionné par le Swiss Personalized Health Network, une initiative nationale qui promeut le développement de la médecine personnalisée en Suisse.

L’implant rétinien ou «œil bionique» remplace les photorécepteurs de la rétine par une puce électronique de quelques millimètres qui fait leur travail et transmet les informations au cerveau. Plusieurs systèmes existent et ont été testés avec succès dans le monde depuis quelque dix ans.

En mars 2018, l’EPFL, en collaboration avec l’Hôpital ophtalmique Jules-Gonin, a publié une nouvelle prothèse innovante avec des cellules photovoltaïques et dans un matériau particulièrement souple.

Permettant un champ de vision de 46 degrés (contre 20 pour les implants actuels), c’est un véritable bond en avant qui permettra à des personnes aveugles de recouvrer leur autonomie et d’améliorer leur qualité de vie.

Dans le domaine pharmacologique,

l’injection de principes actifs directement dans l’œil permet de ralentir ou stabiliser la progression de certaines dégénérescences maculaires liées à l’âge (DMLA) et de guérir certains cancers de l’œil de l’enfant.

La thérapie génique et la transplantation de cellules-souches donnent de nouveaux espoirs pour restaurer la fonction visuelle des photorécepteurs déficients, pour des maladies actuellement incurables. La thérapie génique consiste à introduire un morceau d’ADN sain dans les cellules qui tapissent le fond de l’œil afin de réparer les dysfonctionnements de la rétine ou de les protéger de la description.

Des essais cliniques encourageants sont en cours dans plusieurs pays. Cette année encore, une équipe de chercheurs britanniques et américains a annoncé avoir restauré la vision chez deux personnes atteintes de DMLA en utilisant des cellules-souches embryonnaires pour créer un tissu rétinien qu’ils ont greffé chez deux volontaires.

Ces patients qui ne pouvaient plus déchiffrer un journal ont retrouvé une capacité à lire 60 à 80 mots par minute avec des lunettes de lecture ordinaires!

L’innovation en ophtalmologie ne s’arrête jamais. Nous cherchons à mieux identifier les personnes à risque de développer une maladie pour la prévenir, mais aussi à réaliser des thérapies plus ciblées, grâce à de nouvelles méthodes d’analyse, la recherche de biomarqueurs spécifiques à telle ou telle pathologie, par exemple.

Dans tous les pays, les troubles de la vue explosent, notamment à cause de notre mode de vie et du vieillissement de la population. Plus que jamais, nous voulons repousser les frontières, explorer encore de nouvelles pistes et guérir des troubles de la vision qu’il y a seulement quelques années, personne n’aurait imaginé soigner.